QUEBEC — Les Suisses ont fait le même coup aux Suédois qu'aux
Bélarusses, mercredi au Colisée Pepsi de Québec, alors qu'ils ont fait
preuve d'un bel opportunisme à l'attaque et adopté un style étanche en
défensive en route vers un gain de 4-2 à leur dernier match du tour
préliminaire du championnat du monde de hockey.
Dans un
affrontement où le premier rang dans le groupe A était à l'enjeu - mais
où les deux équipes étaient déjà certaines d'accéder au tour de
qualification - c'est la Suisse qui a réussi à conserver sa fiche
parfaite (3-0) et la Suède qui s'est retrouvée avec un dossier de 2-1.
La
formation helvète a réussi le coup aux dépens d'une équipe suédoise qui
a essuyé le refus de plus d'une vingtaine de joueurs de la LNH avant le
début du tournoi, mais l'exploit reste quand même notable.
"Nous
nous retrouvons dans une bonne situation en ce moment et battre la
Suède est un bon tonique pour la confiance, c'est vrai, mais il va
falloir tout recommencer à notre prochain match, ça va être 0-0 au
début de l'affrontement", a fait remarquer Jonas Hiller, des Ducks
d'Anaheim, qui a commencé le match devant le filet des Suisses, au lieu
de Martin Gerber, des Sénateurs d'Ottawa. Il a effectué 28 arrêts.
Thierry
Paterlini, Andres Ambuhl, Thibaut Monnet et Beat Forster, en fin de
match dans un filet désert, ont marqué pour la Suisse. Forster et Paul
DiPietro, l'ancien du Canadien de Montréal, ont chacun amassé une aide.
Fredrik
Warg, en première période, et Patric Hornqvist, en toute fin de match
alors que les Suisses menaient 3-1, ont été les seuls marqueurs de la
Suède.
Nicklas Backstrom, l'attaquant recrue des Capitals de
Washington et candidat au trophée Calder dans la LNH, n'a pas voulu se
servir de l'absence des Mats Sundin, Markus Naslund, frères Sedin et
compagnie pour excuser la défaite des siens.
"Il y a quand même
une bonne ligue en Suède, alors non, il n'y a pas d'excuses, a dit
Backstrom. Nous voulions attaquer davantage, mais ils ont réussi à
prendre l'avance et quand ça arrive, ils deviennent très coriaces en
défensive. Quand même, nous aurions dû faire mieux contre une telle
équipe. C'est juste que parfois, les choses ne fonctionnent pas."
"Nous
avons bien joué aujourd'hui, a tenu à souligner Hiller, qui parle un
très bon français malgré son accent germanique. Oui, il y a peut-être
plusieurs joueurs qui ne sont pas venus jouer pour la Suède mais ça, ce
n'est pas notre problème. Nous avons bien contrôlé le jeu
défensivement, nous méritions la victoire."
C'est Stefan Liv et
non Mikael Tellqvist, des Coyotes de Phoenix, qui a obtenu le départ
devant le filet suédois. Henrik Lundqvist, des Rangers de New York, a
accepté l'invitation de l'équipe plus tôt cette semaine, mais il
n'était pas en uniforme mercredi.
Liv ouvre la porte
Les
Suisses ont pris les devants 2-1 dès la première période grâce à la
générosité du gardien suédois Liv, qui a bougé trop vite sur chacun de
leurs deux filets.
D'abord quand Paterlini s'est amené en trombe
dans l'enclave, alors qu'il a déposé un genou par terre. Le Suisse a eu
beau jeu de la contourner et de trouver le fond du filet à 0:48. Puis
encore à 16:35, quand le gardien était déjà à genoux au moment où
Ambuhl s'est amené à l'aile droite, si bien que ce dernier a pu enfiler
l'aiguille dans la lucarne.
Hiller a été battu à 10:47 quand le
tir de la ligne bleue de Warg s'est faufilé entre les patins d'un
défenseur suisse et d'un attaquant suédois.
Aucun but n'a été
marqué en deuxième, alors qu'on a assisté à du jeu terne, ce qui
faisait bien l'affaire des Suisses. Ceux-ci se sont surtout appliqués à
embouteiller la zone centrale, ce qui a eu le don de tomber sur les
nerfs des Suédois, et les esprits se sont échauffés à quelques
occasions. Hiller a toutefois été sollicité en fin d'engagement,
notamment quand Anton Stralman, des Maple Leafs de Toronto, a surgi
depuis l'arrière du filet et tiré du revers.
Les Suisses ont
appliqué la même recette en troisième, Monnet fournissant le filet
d'assurance à 5:23 quand il est sorti du coin gauche, a coupé vers
l'enclave et placé la rondelle du revers dans la lucarne au poteau
éloigné.
Filet qui ne s'est pas avéré de trop, car Hornqvist a
rétréci l'écart à 3-2 à 19:01 alors que la Suède était en désavantage
numérique. A la suite d'un revirement dans la zone suisse, il s'est
retrouvé à deux contre le gardien avec Robert Nilsson, qui lui a relayé
la rondelle au bon moment. Hiller n'a eu aucune chance.
Forster a ensuite confirmé la victoire dans un filet désert avec sept secondes à jouer.
Top