Des producteurs de
lait feront grève pour un meilleur
prix
Une partie des producteurs de lait veulent faire
pression pour des prix plus élevés par une «grève du lait». Les membres
de l'association alémanique Big-M se sont prononcés pour un tel
mouvement hier lors de manifestations à Emmen (LU) et Sulgen (TG).
Les producteurs ne livreront plus de lait dès
aujourd'hui, a déclaré Martin Haab, président de Big-M (Bäuerliche
Interessen gruppe für Marktkampf - Groupe d'intérêt paysan pour la
lutte sur le marché). «Si les paysans ne se défendent pas aujourd'hui,
alors quand le feront-ils?», a-t-il demandé.
L'association a manifesté hier devant les sièges des transformateurs
de lait Emmi à Emmen et Hochdorf Nutriec à Sulgen. Au total, près de
200 paysans se sont réunis. La majorité d'entre eux sont prêts à
participer à la grève, selon Martin Haab.
Emmi, le plus grand
transformateur de lait suisse, a immédiatement relativisé la portée
d'une grève éventuelle. La manifestation organisée devant les
installations d'Emmen n'a pas remporté un grand succès, selon le
porte-parole de l'entreprise. «C'est pourquoi nous partons du principe
que les conséquences d'une grève seront limitées», a expliqué Stephan
Wehrle.
A cela s'ajoute le fait que Big-M n'est pas un
fournisseur d'Emmi et ne participe pas aux discussions avec
l'entreprise sur le prix du lait, a ajouté le porte-parole. Stephan
Wehrle n'était toutefois pas en mesure de préciser si parmi les
producteurs qui ont manifesté hier figuraient des membres de la
Coopérative des producteurs de lait de Suisse centrale, une
organisation en pourparlers avec Emmi.
Du côté de la Fédération
des producteurs suisses de lait (FPSL), on témoigne d'une certaine
«compréhension» à l'égard de ce mouvement de lutte. Big-M poursuit les
mêmes objectifs que la FPSL, soit une augmentation du prix du lait, a
indiqué le directeur de l'organisation faîtière Albert Rösti. Plutôt
que la grève, la FPSL préfère pour sa part s'asseoir à la table des
négociations, a-t-il précisé.
Big-M demande une hausse de 10
centimes par litre. A terme, le prix, actuellement de 75 centimes
environ, devra couvrir les coûts de production, prévient l'association.
Ceux-ci ont «explosé» et se montent à 1 franc par litre.
Même
souci en Allemagne où la colère gronde. La Fédération allemande des
producteurs de lait BDM s'est mise en «grève du lait» hier, pour
protester contre des prix qu'elle juge trop bas.
Les membres du
BDM, qui représente environ la moitié des volumes laitiers du pays,
avaient voté le mois dernier en faveur d'une grève, mais ont tenté ces
dernières semaines de l'éviter en négociant avec les laiteries.
«Après
l'échec de toutes les tentatives de conciliation et de coopération pour
arriver à un prix équitable du lait, il ne reste au BDM d'autre
solution que de se défendre.»
Top