L’organisme, régulé jusqu’ici uniquement par les professionnels de la pub, sera dorénavant co-régulé. Les associations sont divisées et le succès de l’opération, incertain.

En signant une charte d’engagements et d’objectifs pour une publicité éco-responsable, le Bureau de vérification de la publicité (BVP) pourra-t-il respecter les engagements 219 et 220 du Grenelle de l’environnement? Dans leurs grandes lignes, ceux-ci prévoyaient «d’encadrer plus strictement la publicité au regard du développement durable» ainsi que de «faire évoluer la logique actuelle d’autorégulation vers une logique de co-régulation de la publicité». Cette «réforme» de la responsabilité publicitaire concernera d’abord l’environnement, puis s’étendra «à l’ensemble des sujets».
Un jury de déontologie publicitaire devrait être créé afin de «juger la compatibilité d’une publicité litigieuse avec les règles déontologiques de la profession». Il pourra être saisi par «toute personne physique ou morale.» Le BVP s’est aussi engagé, avec les professionnels de la publicité, des médias et de la communication, à associer la société civile au sein d’un Conseil paritaire de la publicité. Il comprendra 18 membres, pour moitié des professionnels du secteur, trois représentants des associations de protection de l’environnement et 6 membres des associations de défense des consommateurs.
La campagne de RoundUp présentait le produit comme 100% biodégradable...mais il n'en est rien!
Toutes ces mesures devront être appliquées d’ici l’automne 2009, période à laquelle un bilan sera établi. Jean-Louis Borloo a rappelé qu’en cas d’échec, «une autorité administrative sera créée pour réguler la publicité en France». «Je vous fais le pari que ça n’aura pas lieu. Nous avons réussi, depuis plusieurs années, dans la protection de l’image de la femme, a assuré Jean-Pierre Teyssier, président du BVP. Dès 1990, nous avons été la première organisation au monde à développer un code de conduite contre le ‘greenwashing’.»
«Bien sûr, il faudra intervenir sur le greenwashing, a déclaré Bruno Genty, responsable déchets de France nature environnement (FNE), mais la priorité sera avant tout un travail sur l’affichage incitant à changer les comportements de consommation irresponsables.» Et de continuer sur l’affaire du Syndicat mixte intercommunal de collecte et de traitement des ordures ménagères (Smictom) des Châtelets: «Il y a encore du chemin à faire, vu le communiqué de presse du BVP d’hier, qui parle d’une publicité en faveur du tri des déchets ménagers. Tout le monde avait bien compris qu’il ne s’agissait pas de cela», mais de la promotion d’un mode de consommation plus respectueux de l’environnement.
«Nous partageons les objectifs de cette campagne et nous les comprenons, a affirmé Jean-Pierre Teyssier. Mais la loi ne permet pas de favoriser tel ou tel mode de consommation. C’est sur les moyens utilisés que nous sommes intervenus, pas sur les objectifs de la campagne. Ce n’est pas en nous lançant des anathèmes que cela fera avancer la protection de l’environnement.»
«Vous êtes confronté à des textes sur la concurrence, mais aussi à la Constitution, qui comprend une charte sur l’environnement, a conclu Jean-Louis Borloo. Il y a des normes et une hiérarchie à respecter. Je suis convaincu que vous allez y arriver.» Réponse dans 18 mois.
Source: Le Journal de l'Environnement
En savoir plus:
- GreenWashing: la publicité remise en question
- La Charte d'engagements et d'objectifs pour une publicité éco-responsable
- “L’achat réfléchi” ne trouve pas grâce auprès du Bureau de Vérification de la Publicité
- Sur Cdurable.info, une liste d'articles sur le lien entre publicité et développement durable.
Top
