De 25'000 à 100'000 iPhone seront mis en vente demain aux aurores en Suisse, aucun chiffre précis n’est divulgué.
De mémoire de téléphoniste, jamais un simple appareil n’avait suscité autant d’enthousiasme. «Les gens nous assaillent de questions: est-ce que je prends le modèle blanc ou le noir? Quelle différence entre 8 et 16 gigas de mémoire? Combien dois-je payer en plus par rapport à mon abonnement actuel?» s’amuse cet employé d’Orange. Au service de la clientèle de Swisscom, c’est un message enregistré qui informe que les précommandes sont désormais bouclées.
«Pour ma part, j’ai déjà réservé le mien depuis longtemps, explique Regula, une jeune trentenaire zurichoise. Je ne pense pas que j’irai faire la queue dans les magasins demain matin, car il risque d’y avoir trop de monde.» Pas de doute: une fois encore, la maestria avec laquelle Apple a orchestré le lancement du iPhone 3G, prévu le 11 juillet dans plus d’une vingtaine de pays dans le monde, a parfaitement rempli son office.
Informations distillées au compte-gouttes, rumeurs relayées avec fougue par les aficionados de la marque à la pomme, crainte savamment non démentie par Cupertino, siège californien de la firme informatique, d’une possible pénurie de cet objet de toutes les convoitises: le «buzz» autour du iPhone deuxième génération est digne de la sortie d’un blockbuster au cinéma ou d’un succès en librairie tel Harry Potter.
Discrétion étonnante
A un détail près: il n’y aura en Suisse romande aucun magasin qui proposera l’objet la veille de la sortie. Seul un point de vente Swisscom, à Zurich, accueille ce soir à minuit les fans, tandis que la plupart des boutiques ouvriront leurs portes à 6h30 vendredi. Du côté des opérateurs suisses élus par la firme de Steve Jobs, soit Swisscom et Orange, on reste d’une discrétion étonnante quant aux raisons de ne pas profiter plus amplement d’un tel phénomène commercial.
Aucun chiffre n’est avancé par les deux groupes, que ce soit sur le nombre d’appareils disponibles, l’état des précommandes ou les bénéfices que ce smartphone devrait leur apporter. Seuls les tarifs ont été publiés il y a quelques jours ( lire ci-dessous) . De quoi alimenter les spéculations: des chiffres allant de 25000 à 100000 iPhone 3G sont avancés pour la Suisse. Selon Blick Am Abend, Swisscom ne disposerait en fait que de 14'000 modèles, alors que les réservations s’élèveraient pourtant déjà à 40000 chez l’opérateur historique, contre 10000 précommandes chez Orange.
Pour les observateurs, ce silence s’expliquerait surtout par le fait que les règles du jeu se trouvent bousculées par Apple, comme avec le iPod dans le monde des baladeurs MP3. La firme édicte ses règles, une position que même Nokia et ses 40% de parts de marché dans la téléphonie n’a pas osé revendiquer. Car le possesseur d’un iPhone est avant tout lié à la marque pommée avant d’être le client de l’opérateur partenaire, qui se contente cette fois du rôle de simple intermédiaire, voire de payer une partie de la campagne publicitaire sans même y avoir un droit de regard…
Trop exclusif
Steve Jobs a toutefois mis de l’eau dans son vin depuis la sortie de la première mouture de l’iPhone, l’an dernier. Le gourou de la cool attitude en technologie avait en effet voulu mettre en place un système exclusif de distribution, via un seul opérateur par pays, moyennant un pourcentage du chiffre d’affaires des communications allant jusqu’à 30%! Une formule qui a suscité bien des grognes dans certains pays, les consommateurs s’estimant plumés par l’opérateur monopolisant la vente de l’iPhone. C’est le cas notamment au Canada, où près de 50000 clients furieux ont déjà signé une pétition sur internet (ruinediphone.com) contre l’opérateur Rogers et sa ruineuse grille tarifaire.
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