Il ne s'agit pas ici, par esprit de système, de jeter l'opprobre sur tous les actes du gouvernement au seul motif qu'il ne pratiquerait pas, selon les normes de la pensée libérale, la rupture annoncée par Nicolas Sarkozy qui, lui-même, est très éloigné du libéralisme au sens de Ronald Reagan ou Margaret Thatcher.
Il devrait pourtant clairement apparaître que quelque chose ne fonctionne pas, qui, en fait, n'a jamais vraiment fonctionné : vingt-quatre réformes de la Constitution, autant de la Sécurité sociale aux abois ainsi qu'un entêtement quasi-obsessionnel à sauver la répartition en matière de retraites en font foi.
"Le sarkozisme est semé d'illusionnisme. Ayant tous les pouvoirs sans nécessité d'un changement constitutionnel, le Président pouvait et devait faire rapidement la rupture et remettre le pays en ordre. Ne le voulant pas, il agit comme un illusionniste créant des stratagèmes pour détourner l'attention des vrais problèmes (...)".*
L'illusionnisme contemporain, qui saute aux yeux de tous avec les promesses sarkoziennes non tenues de franche rupture, ne doit pas non plus masquer l'illusionnisme ancien et généralisé dont l'ensemble de nos élites administratives, politiques, syndicales et associatives se sont fait, pour durer, une spécialité.
En ce qui concerne la Sécurité sociale, dont la fuite en avant bat tous les records, il s'agit, de toute urgence, de trouver des financements nouveaux pour boucher les trous à la façon du sapeur Camember, et ce, au total mépris des assujettis toujours plus rackettés pour moins de remboursements.
Les retraites : "Notre objectif est de lancer une étape significative d'un processus de réforme destiné à sauver notre régime par répartition (...)".** M. Fillon sait-il seulement que la répartition est définitivement condamnée et que, seule, la capitalisation, fût-elle d'appoint, peut encore sauver nos retraites ?!
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