Les intrusions de l'islam dans la laïcité, ce non-dit, se heurtent à l'irritation de l'opinion. Les protestations apparues après l'annulation du mariage d'un couple de musulmans au prétexte que l'épouse avait menti sur sa virginité, assimilée par le tribunal de Lille à une «qualité essentielle de la personne», ont dévoilé une vigilance collective, plus aiguë chez les citoyens que leurs représentants. C'est l'indignation générale qui a poussé Rachida Dati à demander au parquet, lundi, d'interjeter appel.
En admettant que la chasteté de la mariée était déterminante aux yeux de son mari, la justice a bel et bien légitimé une pratique machiste, issue en l'occurrence d'une lecture du Coran infantilisant la femme. C'est d'ailleurs ce que dénonce le mouvement Ni putes ni soumises, qui manifestera demain. «Légitimer la répudiation, l'excision, les crimes dits d'honneur, les mariages forcés : voilà les dangers à long terme», analyse sa présidente, Sihem Habchi.
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