Le 3 août 1939, la France et le Royaume Uni déclaraient la guerre à l'Allemagne. Il ne se passa rien de vraiment significatif avant que le 19ème Panzerkorps se mette en route en avril 40, perce les défenses de Sedan en mai 1940 pour entrer dans Paris le 14 juin. La drôle de guerre se terminait en une défaite, en bonne et due forme. Aujourd'hui, au Proche Orient, le Hamas vient de demander deux trêves successives tout en déployant un effort de guerre toujours plus intense. Si l'on retient les avances israéliennes en direction de la Syrie, le comportement du Hezbollah qui se dispose en ordre de bataille, le Proche Orient est plongé dans une situation de grande incertitude que l'on peut baptiser "la drôle de paix".
Le Hamas a d'abord fait passer son message par Jimmy Carter, sous la forme d'une proposition de trêve de 10 ans. Ce n'est pas la première fois que le Hamas fait ce genre d'ouverture, et à chaque fois il propose 10 ans. Pourquoi dix et pas cinq ou quinze ans ou n'importe quelle autre durée ? Parce qu'en 628, le Prophète conclut à Houdaïbya une trêve de 10 ans, la hudna, avec les tribus insoumises qui dominaient La Mecque. Les circonstances ne lui étaient pas favorables. Quand 18 mois plus tard le vent tourna, il rompit la hudna et conquit La Mecque.
On peut tirer deux observations de cette référence historico-religieuse du Hamas. La première, c'est qu'un accord de ce genre est fait pour être violé dès que le rapport des forces a changé. Il s'agit donc d'une ruse de guerre. La seconde est que cette offre de trêve est une continuation de la guerre, puisqu'elle sert le but de guerre, la victoire totale sur l'ennemi, en reportant l'estocade au moment le plus opportun.
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