Billet soumis par "Erwan Cario"
Quand on utilise Windows depuis 15 ans, est-ce bien raisonnable d’aller voir ailleurs ? Jour après jour, le parcours initiatique d’un passage au système libre Linux. Aujourd’hui, ça dépote.

Ma télé sur mon Linux
Je sens bien qu’un jour, ça va être compliqué. Qu’il va falloir que je me mette à la « ligne de commande ». Vous ne connaissez sans doute pas, mais la ligne de commande, dans Linux, c’est un peu divin. Et son représentant sur terre s’appelle « sudo ». Il ne faut pas en avoir peur, même si, au premier abord, il inspire rarement confiance. Par exemple, vous avez un problème pour connecter votre imprimante. Et sans même vous en rendre compte, trois messages de forums plus loin, vous vous retrouvez à taper, dans une fenêtre appelée « Terminal » (la encore, on a vu mieux, pour inspirer confiance), un truc du genre « sudo mknod -m 666 /dev/usbscanner c 180 48 ». Le pire, c’est que ça a de grandes chances de fonctionner. Mais bon, il y a des gens qui savent ce que ça veut dire, et d’autres qui font du copier/coller. Et il faut se faire une raison : ça va m’arriver et je serai dans la deuxième catégorie. Mais pas aujourd’hui.
Après avoir installé une flopée de logiciels à partir de la liste présente à l’origine dans la fonction « Ajouter/Supprimer... » (j’ai continué les jours suivants, il y a même des jeux qui ont l’air pas mal, j’en reparlerai), il m’en faut quelques autres, qui sont absents. Pour Picasa (promis, je vais tester f-spot, l’équivalent libre), j’ai récupéré, suite aux instructions, un fichier (.deb) sur le site de Google. Sans vraiment y réfléchir (je suis assez intuitif, ce qui me joue souvent des tours), j’ai double-cliqué. Quelques secondes plus tard, j’ai le gestionnaire de photos qui tourne sans problème sur mon portable. La classe. Allez un petit test pour valider tout ça : import de 13 Go de photos. Nickel.
Au suivant. Dans la catégorie « Logiciel que j’adore voir fonctionner mais que je n’utilise jamais », il y a les softs de lecture et d’enregistrement utilisant la fonction multiposte de Free (en gros, regarder la télé sur son écran d’ordinateur grâce au wifi). Là encore, il suffit de taper « Multiposte free » sur Ubuntu-fr pour avoir la réponse. Le logiciel s’appelle MyFreeTv. Et sur la page de documentation dédiée, il est expliqué : « Ajouter le Dépôt Tvfreeplayer.com ». Allons bon, c’est quoi encore, ce truc ?
Ceux qui suivent se souviennent des « paquets », qui sont les composants logiciels que le système se charge d’aller récupérer tout seul comme un grand quand on veut une nouvelle application. Eh bien les dépôts, ce sont les serveurs où sont stockés les paquets disponibles. Et à l’instar du chauffeur de bus en fin de service, l’utilisateur de Linux qui cherche un logiciel revient au dépôt (mais quel talent !). Les dépôts principaux sont le « Main » — qui contient les paquets validés par Canonical, la société en charge d’Ubuntu — et « Universe » (libre) et « Multiverse » (non-libre). Ces deux derniers étant maintenus par la communauté (je ne sais pas trop ce que c’est, en vrai, « la communauté », mais c’est ce qui est écrit) et bénéficiant eux aussi d’un processus de validation (pas de virus ou de méchanceté dans le genre). Mais bon, l’utilisateur lambda doit à peine s’en soucier, ces trois dépôts étant présents par défaut à l’installation. Et puis, pour des projets plus petits ou plus confidentiels, les développeurs peuvent créer leur propre dépôt. C’est le cas de MyFreeTv.
Toujours en suivant les instructions, je me dirige donc vers la fenêtre « Sources de logiciels », j’insère le code « deb [www.tvfreeplayer.com] gutsy all » et je valide. Je sais, on a toujours l’air un peu bête à suivre à la lettre des commandes qu’on ne maîtrise pas, mais au moins, ça marche. Trois clics dans le gestionnaire de paquets plus loin, je me retrouve à regarder Nolife sur mon portable.
Croyez-le ou non, si j’avais voulu, j’aurais pu ouvrir un terminal et taper « sudo apt-get install myfreetv ». Mais ça aurait été pour faire mon intéressant. Je préfère quand même cliquer sur des boutons. Il est trop tôt encore pour en être sûr, mais je commence à croire qu’on peut utiliser Ubuntu sans avoir à taper une ligne de commande. Et c’est sans doute un des plus grand progrès des dernières années. N’en déplaise aux bisounours puristes.
Bon, voilà, portable opérationnel. Quelques réglages mineurs restent à effectuer, mais il est temps de crâner un peu avec mon nouveau joujou. Parce qu’on m’a dit qu’ils savaient aussi rigoler, chez Linux, et qu’ils font tourner leur bureau en 3D. Le genre de truc qu’on installe pour épater la galerie mais qu’on désactive bien vite parce que ça ne sert quand même pas à grand chose. Il me le faut !
La suite la semaine prochaine.
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