La banque helvétique a vendu aux Américains de Blackrock des actifs
risqués pour un montant de 15,7 milliards de francs.
Ce n'est pas le grand ménage, mais la cuisine UBS apparaît tout de même
un peu plus propre désormais. Hier, la plus grande banque helvétique a
annoncé avoir cédé au groupe américain Blackrock une partie de ses
crédits risqués adossés au marché immobilier américain pour un montant
de 15,7 milliards de francs. La valeur nominale du portefeuille vaut un
peu plus de 22 milliards, ce qui représente pour l'acheteur un rabais
conséquent, supérieur à 25%.
Très gros amortissements
Cette
opération permet à UBS de diminuer son implication dans le secteur des
crédits hypothécaires américains. Celle-ci l'a poussée jusqu'ici, du
fait de la crise dite du subprime, à amortir une somme proche de 40 milliards de francs.
L'arrangement passé avec Blackrock souligne le fait que la banque avait
à coeur de réduire au plus vite son exposition sur ce marché miné. En
effet, pour permettre au gérant américain de reprendre ce paquet de
titres, UBS lui a accordé un prêt d'environ 12 milliards de francs, le
reste ayant été levé par Blackrock qui, soit dit passant, gère
aujourd'hui des actifs pour plus de 1400 milliards de francs.
Des airs de fin de
crise
Pour nombre d'observateurs, cet accord passe pour un indice que la fin de la crise du subprime
est proche. En effet, alors qu'il y a encore un mois, le marché de ces
titres était englué dans l'immobilisme, des acheteurs banques, private
equities et hedge funds se profilent aujourd'hui qui lui redonnent un
brin de vie.
On peut se
demander pourquoi UBS n'a pas gardé ces produits s'ils sont promis à
une remontée prochaine. Une fois encore, il faut se rappeler que la
banque helvétique ne s'est pas débarrassée de l'ensemble de ses titres
liés au subprime.
Il lui en reste encore pour plusieurs milliards. Ensuite, elle garde
une participation dans le portefeuille transmis à Blackrock, qui lui
permettra de participer à un éventuel gain de valeur de ces titres.
Blackrock
n'en est pas à son coup d'essai. Le groupe américain avait déjà accepté
de gérer les actifs adossés au marché immobilier de la banque Bear
Sterns, sauvée in extremis par la Banque centrale américaine au début
de l'année.
Un conseiller en délicatesse aux
USA
Un
ex-conseiller en clientèle privée de UBS Genève est accusé aux
Etats-Unis d’aide active à l’évasion fiscale en faveur d’un de ses très
gros clients, explique Le Temps dans son édition d’hier. Cet ancien
employé a accepté de collaborer avec la justice américaine, ce qui
embarrasse la banque.
En effet, selon le quotidien romand, ce collaborateur «révèle des noms
de clients et des procédés dignes de romans d’espionnage». L’ex-employé
a proposé à son gros client des comptes offshore et des sociétés écrans
permettant de soustraire son argent ou son yacht à l’impôt américain.
En outre, les collaborateurs de son équipe étaient instruits sur la
façon de répondre aux douaniers américains, devaient passer les papiers
au broyeur, vider la mémoire de leur ordinateur et ne voyageaient
qu’avec des documents sans en-tête ni numéro de compte, précise encore
l’article. E. B.
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